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Le CELIAPP expliqué simplement : le compte pour acheter sa première maison

Par Huseyin Bakirci · 4 min de lecture

Le CELIAPP expliqué simplement : le compte pour acheter sa première maison

Acheter une première propriété au Québec demande de la planification, et le gouvernement fédéral a créé un outil conçu précisément pour ça : le compte d'épargne libre d'impôt pour l'achat d'une première propriété (CELIAPP). C'est un régime enregistré qui combine deux avantages qu'on ne trouvait pas ensemble auparavant.

Voici l'essentiel pour comprendre comment il fonctionne.

Le principe en une phrase

Le CELIAPP vous permet de déduire vos cotisations de votre revenu imposable (comme un REER) et de retirer l'argent sans payer d'impôt (comme un CELI), à condition que le retrait serve à l'achat d'une première habitation admissible.

C'est ce double avantage qui le distingue : dans la plupart des autres régimes, vous avez l'un ou l'autre, mais rarement les deux.

Qui peut ouvrir un CELIAPP?

Pour être admissible, il faut généralement :

  • Être résident du Canada
  • Avoir au moins 18 ans (et ne pas dépasser l'âge maximal prévu pour l'ouverture)
  • Être considéré comme un acheteur d'une première propriété, c'est-à-dire ne pas avoir habité dans une habitation dont vous (ou votre conjoint) étiez propriétaire pendant l'année en cours et les quatre années civiles précédentes

Ce dernier point surprend souvent : même si vous avez déjà été propriétaire il y a plusieurs années, vous pourriez redevenir admissible avec le temps. Ça vaut la peine de vérifier votre situation auprès de l'Agence du revenu du Canada ou d'un professionnel.

Les plafonds de cotisation

Le CELIAPP fonctionne avec un plafond annuel et un plafond à vie. Les droits inutilisés d'une année peuvent être reportés à l'année suivante, dans les limites prévues par les règles fiscales.

Deux choses importantes à retenir :

  • Contrairement au CELI, les droits ne s'accumulent pas avant l'ouverture du compte. Ouvrir le compte, même sans y déposer d'argent tout de suite, commence à faire courir vos droits de cotisation.
  • Le compte a une durée de vie maximale. Passé ce délai, s'il n'a pas servi à l'achat d'une propriété, il faut le fermer ou transférer les sommes.

Les montants exacts et les délais sont fixés par les règles fiscales fédérales et peuvent être indexés ou modifiés. Validez toujours les chiffres en vigueur pour l'année en cours.

Ce qu'on peut y détenir

Un CELIAPP n'est pas un compte bancaire : c'est une enveloppe fiscale. À l'intérieur, on peut détenir différents types de placements :

  • Fonds communs de placement et fonds distincts
  • Certificats de placement garanti (CPG)
  • Actions et obligations, selon l'institution
  • Liquidités

Le choix des placements devrait refléter votre horizon d'achat. Quelqu'un qui vise une maison dans 10 ans n'aura pas le même profil que quelqu'un qui magasine dans 18 mois, plus l'échéance est courte, moins on veut de volatilité.

Un exemple chiffré (illustratif)

Prenons Camille, 29 ans, qui gagne un revenu imposable d'environ 65 000 $ et qui souhaite acheter un condo dans quelques années.

  • Elle cotise 8 000 $ à son CELIAPP dans l'année.
  • Cette cotisation réduit son revenu imposable, ce qui lui procure une économie d'impôt de l'ordre de 2 700 $ si l'on suppose un taux marginal combiné d'environ 35 % (chiffre présenté à titre d'exemple seulement, votre taux réel dépend de votre revenu et de votre situation).
  • Ses placements fructifient à l'abri de l'impôt.
  • Au moment d'acheter, elle retire le capital et les rendements sans payer un sou d'impôt.

Camille aurait aussi pu réinvestir son remboursement d'impôt dans son CELIAPP l'année suivante, une façon simple d'accélérer sa mise de fonds.

CELIAPP, REER ou CELI : lequel choisir?

Ce n'est pas toujours un choix exclusif, mais voici les grandes distinctions :

  • CELIAPP : déduction à la cotisation et retrait libre d'impôt pour une première propriété. C'est généralement l'option la plus avantageuse pour ce but précis.
  • REER (via le RAP) : déduction à la cotisation, mais le retrait est un emprunt à soi-même qu'il faut rembourser sur plusieurs années, sinon les sommes s'ajoutent à votre revenu imposable.
  • CELI : pas de déduction, mais une flexibilité totale et des droits qui se réaccumulent après un retrait.

Dans plusieurs situations, une combinaison CELIAPP + RAP permet de maximiser la mise de fonds. Et si le projet d'achat ne se concrétise pas, les sommes du CELIAPP peuvent généralement être transférées dans un REER ou un FERR sans affecter vos droits de cotisation REER, ce qui limite le risque de « perdre » l'avantage fiscal.

Ce qu'il faut surveiller

  • Les cotisations excédentaires peuvent entraîner une pénalité mensuelle. Suivez vos droits de près.
  • Le conjoint aussi peut en ouvrir un, s'il est admissible. Deux CELIAPP dans un couple, ça double la capacité d'épargne.

En résumé

Le CELIAPP est probablement l'outil le plus efficace actuellement pour accumuler une mise de fonds au Canada. Il offre une déduction fiscale immédiate, une croissance à l'abri de l'impôt et un retrait non imposable.Trois avantages rarement réunis.

Cela dit, la stratégie optimale dépend de votre revenu, de votre horizon d'achat, de vos autres régimes et de votre situation familiale. Cet article est fourni à titre informatif seulement et ne constitue pas un conseil financier personnalisé. Pour évaluer ce qui convient à votre réalité, parlez-en avec un conseiller en sécurité financière.

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